Et voilà, nous sommes déjà arrivés en Nouvelle-Calédonie, les mois défilent et les découvertes de nouvelles destinations aussi.
Pour autant, nous continuons toujours à nous régaler et à penser à vous.
La Nouvelle-Calédonie est constituée de Grande Terre (surnommé "le Caillou"), des quatre îles Loyauté situées à une centaine de kilomètres à l'est du Caillou (Ouvéa, Lifou, Maré et Tiga, de l'île des Pins au sud-est et de quelques autres îles et îlots.
Nous allons commencer notre découverte de l'île par la Grande Terre. C'est un ruban de 400 km de long sur 50 km de large avec une chaîne de montagne en son centre constituée de sommets entre 1 000 et 1 500 mètres d'altitude.
Nous posons donc le pied en terre Kanak après 6h30 de vol. Nous avons à nouveau voyagé dans le temps car nous avons perdus 3h mais gagné 1 jour, et oui la magie des fuseaux horaires ! Enfin pour vous simplifier, avec le changement d'heure en France, il a 10h de moins pour vous (alors qu'en Polynésie, il y avait 12h de plus pour vous).
Nous sommes donc bien arrivés à Nouméa ! :-)
A peine débarqués de l'avion, nous passons devant une caméra thermique pour voir si nous n'avons pas de fièvre. Actuellement, le Chincungugna et la Dengue sévissent en Polynésie, donc la Nouvelle-Calédonie a très peur que l'épidémie soit introduite ici. Pas de souci, nous passons le contrôle haut-la-main.
Par ailleurs, des personnes sont-là pour faire de la prévention et nous informer que si nous présentons des symptômes dans les jours à venir, il faut que nous consultions d'urgence un médecin. Ils nous fournissent également des sprays anti-moustiques pour que nous évitions de nous faire piquer au cas où nous serions porteurs du virus (on vous rassure à l'heure où nous publions cet article cela fait plusieurs jours que nous sommes déjà arrivés et nous allons très bien).
Nous finissons par le contrôle des passeports et par récupérer nos bagages (non sans passer par le duty-free pour acheter une dernière bouteille de vin rouge en prévision de futurs longs moins d'abstinence ;-)
Et puis nous finissons par franchir les contrôles sanitaires (ils sont très stricts eux aussi sur les produits que l'on importe, notamment la nourriture et les fruits frais).
Ensuite, nous cherchons la personne de la navette que nous avons réservée sur les conseils de Carole, rencontrée avec son fils Ronald à Moorea et qui habitent Nouméa, car l'aéroport international est situé à 40 minutes de route de la capitale.
Après ce premier aperçu de l'île, nous arrivons dans la seule auberge de jeunesse de Nouméa, où nous avons réservé. L'accueil est fermé mais par chance, ils nous ont laissé la clé de notre chambre. Nous nous installons rapidement et prenons une petite douche pour nous rafraîchir de ce long voyage (NB : nous avons dormi à l'aéroport de Papeete la veille).
Puis nous nous dépêchons de trouver quelque chose à manger car Carole vient nous récupérer à 14h pour nous emmener chez elle afin de faire nos lessives (trop sympa !). L'après-midi, elle nous propose même de nous emmener faire des courses et le soir, elle nous invite à dîner. Le lendemain, elle souhaite nous faire découvrir "la fête du boeuf" dans la ville de Paita, située à une vingtaine de kilomètres de Nouméa. C'est une sorte de foire agricole, avec plein de stands de produits artisanaux et locaux. Plus loin se sont les stands de vêtements, jouets, bijoux fantaisies... et de nourriture. Ainsi qu'une partie manèges type fête foraine. Cette manifestation est l'occasion de concours de courses de chevaux, de rodéo, de dépeçage de veau... L'ambiance est très décontractée et familiale ! Nous profitons pour découvrir la saucisse de cerf qui a un très bon goût de fumé.
Après ça, Carole nous propose de nous emmener au cinéma (quand on vous dit qu'elle est très sympa, elle a vraiment le coeur sur la main !). Cela fait des mois que nous n'avons pu y aller et l'occasion risque de ne pas se présenter avant un petit moment. Nous allons voir Samba, le dernier film de Toledano, avec Omar Sy, Charlotte Gainsbourg et Izzia Higelin, sur les sans-papiers. Encore un agréable moment ! Et le soir, Carole nous propose à nouveau de nous dîner avec eux. Nous sommes super gênés, donc en insistant elle accepte que nous les invitions avec Ronald et que l'on commande des pizzas. Elle nous prête même plein de matériel pour le camping car dès demain, nous partons dix jours en vadrouille visiter la Grande Terre. Là aussi, nous dormirons sous notre petite tente acquise au Chili et qui nous a bien servi depuis.
Le lendemain matin, nous partons récupérer la voiture de location que nous avions réservée. L'île étant très grande et les bus rares, il est quasiment impossible de se déplacer sans voiture. Le stop est trop compliqué car sorti de Nouméa, les voitures ne sont pas très fréquentes, il nous faudrait donc beaucoup de temps pour parvenir à faire le tour de l'île et nous avons un vol intérieur le 04 novembre.
Après s'être occupés des pizzas, retour à l'auberge pour récupérer nos affaires. Au passage, on trouve le guide du Vietnam qui nous sera bien utile d'ici peu.
Et puis, c'est parti pour de nouvelles aventures, direction la côte ouest pour commencer.
Après une escale rapide à Rangiroa, nous atterrissons à Papeete, ça sent la fin... Il nous reste quand même encore 4 nuits à passer en Polynésie. Nous ne savons pas encore où dormir car nous avons contacté quelqu'un par le site internet Couchsurfing pour se faire héberger pour une nuit mais nous n'avons pas internet à l'aéroport. Finalement, nous achetons une carte pour se connecter par wifi, arrivons à récupérer le numéro de portable de Natacha qui proposait de nous loger et l'appelons grâce à quelqu'un qui nous prête son portable. Elise lui laisse un message sur son répondeur et à peine 10 minutes plus tard, elle arrive à l'aéroport pour venir nous chercher ! Nous n'en revenons pas de sa gentillesse. Du coup, nous posons nos bagages dans sa collocation et partons pour le bord de mer où se trouvent de nombreuses roulottes. Toutes proposent des repas pas trop chers : pizza, chinois ou cuisine locale. Nous optons pour cette dernière et prenons des sashimis de thon blanc et de poisson cru à la chinoise, les portions sont impressionnantes et c'est vraiment succulent.
Après s'être régalés, nous retournons à la collocation, discutons avec Natacha et ses sympathiques colocataires. La nuit est bien meilleure que celle que nous aurions passé dans l'aéroport, et au matin, Natacha nous dépose devant l'embarcadère pour Moorea qui est sur son chemin.
Moorea fait partie des Iles du Vent dans l'archipel de la Société, à seulement 17 km au nord-ouest de Tahiti. C'est la deuxième île de Polynésie par sa population (16 000 habitants) et par sa superficie. De nombreux tahitiens viennent y passer le weekend. Elle est entourée d'une barrière de corail et compte de nombreux sommets dont le plus grand, Tohiea culmine à 1207 mètres.
40 minutes de navigation plus tard, nous posons le pied sur l'île, sous la pluie...
Un bus nous permet de rejoindre le camping en trois quart d'heure, il est de l'autre côté de l'île. Le chauffeur s'arrête pour faire de petites courses et nous en profitons pour faire le plein de riz et de pâtes, notre principale nourriture depuis l'arrivée en Polynésie. La pluie s'est un peu calmée et nous nous dépêchons pour planter notre tente avant la prochaine averse. L'accueil est le plus froid que nous ayons reçu jusqu'à présent et le camping est sommaire mais pas trop cher (enfin pour la Polynésie). Nous retrouvons Laurent et Corinne que nous suivons depuis un moment maintenant ! L'après-midi est tranquille, nous profitons de la jolie plage du camping pour nous rafraîchir, à notre sortie, la pluie est repartie de plus belle.
Heureusement, la tente est bien imperméable, Corinne et Laurent nous proposent un bout de leur terrasse afin de mettre nos sacs au sec. Nous rencontrons également Carole et son fils de 12 ans, Ronald, qui habitent Nouméa et nous donnent plein de conseil pour profiter au mieux de notre prochaine destination. Ils seront sur le même vol que nous pour rejoindre la Nouvelle-Calédonie.
Le lendemain, journée chargée car nous avons prévu 2 plongées le matin et une sortie baleine l'après-midi. Henry, le patron du club de plongée vient nous chercher au camping. Nous faisons la connaissance d'Anthony, marseillais d'origine, qui sera notre guide pour la journée.
Le site de plongée est assez proche mais l'on a quand même le temps d'observer Moorea depuis la mer, c'est superbe. L'île est très montagneuse et la végétation est luxuriante, très verte.
Dès notre arrivée au pied du mouillage vers 15 mètres de profondeur, un requin citron vient pointé le bout de son nez. Elise n'est pas très rassurée, c'est un requin très massif et celui-ci doit mesurer pas loin de 3 mètres... c'est la première fois que l'on croise ce type de requin. Après quelques minutes, un second requin citron le rejoint, curieux lui aussi. Ils nous suivront quasiment toute la plongée.
Nous sommes en palanquée avec un couple de belges qui débutent la plongée, ils vont consommer beaucoup d'air donc l'immersion sera relativement courte mais nous aurons quand même le temps d'apercevoir 3 tortues, un requin pointe blanche, un pointe noire et un énorme barracuda qui nous attend au palier !
La seconde plongée se fait sur un site où le corail est en meilleur état, il y a donc plus de petits poissons colorés. Nous verrons à nouveau 3 tortues, des requins pointe noire curieux, un poisson feuille et des crabes corail. Nous finissons donc par deux plongées très sympas même si ce n'est pas aussi incroyable que Rangi ou Faka, il aurait été tout de même dommage de ne pas plonger ici.
Pour l'après-midi, nous laissons les bouteilles au club et partons uniquement avec le matériel de snorkeling pour aller observer les baleines à bosse. La Polynésie est un des rares endroits au monde où l'on peut se mettre à l'eau pour observer ces mastodontes. Henry est pratiquement le seul à sortir l'après-midi, les autres bateaux lui soutiennent qu'il est plus difficile de les voir l'après-midi, la suite leur donnera tort !
La baleine à bosse (ou mégaptère) est une baleine de grande taille, les adultes mesurent 16 mètres en moyenne pour un poids de 25 tonnes. Les "petits" font 4 mètres à la naissance pour 700 kg mais ils grandissent vite, ils gagnent 45 kg par jour ! Les baleineaux atteignent leur maturité sexuelle autour de 4-5 ans et son espérance de vie varie entre 60 et 100 ans. C'est le même type de baleine que nous avions observé en Equateur.
Après environ 30 minutes à scruter l'horizon, nous apercevons un souffle à quelques centaines de mètres. La baleine ne souffle pas de l'eau mais de l'air, ce n'est que l'eau qui reste dans son évent qui est pulvérisé lorsqu'elle expire et cela jusqu'à 3 mètres de haut. Nous nous rapprochons et Anthony se met à l'eau pour essayer de la repérer.
Quelques secondes plus tard, nous entendons sur le bateau une série de bruits étonnants. Henry, le capitaine, nous apprend que la baleine est un mâle chanteur et que c'est lui que nous entendons, la coque faisant caisse de résonance. Il nous dit de nous mettre à l'eau pour mieux l'écouter et là, c'est impressionnant car les sons sont tellement forts que nos cages thoraciques vibrent !
Il faut mettre le son car il n'y a rien à voir ;-)
Seuls les mâles chantent afin de séduire les femelles. Plus le mâle est âgé et plus il a de variations de chants à sa disposition (jusqu'à sept) et donc, plus il arrive à séduire de femelles. Le chant est envoûtant, difficile à décrire, c'est entre la contrebasse et le grincement de porte. Malgré une couche d'eau un peu blanche laiteuse en surface, on distingue dans le bleu son immense nageoire caudale, il a la tête en bas. Au bout d'une quinzaine de minutes, on le voit remonter pour respirer et là, c'est un moment unique. Il respire 3 fois en surface puis il sonde et disparaît à nouveau dans les profondeurs.
Nous remontons alors sur le bateau et nous avons peur que la sortie soit finie, mais non, Henry reprend la navigation pour trouver d'autres mammifères. Nous nous rapprochons d'un bateau qui semble en avoir repéré. En effet, c'est une famille que l'on voit remonter : la mère, le père et le baleineau. Nous nous mettons à l'eau le plus doucement possible pour ne pas les effrayer.
Le baleineau remonte plus fréquemment que les adultes pour respirer, environ toutes les 5 minutes. Nous aurons la chance exceptionnelle de passer plus d'une heure à nager au-dessus d'eux, à les admirer de nombreuses fois remonter en surface, de voir leur peau, leur dos, leurs yeux de près. Le petit viendra même nous voir à quelques mètres seulement, magique.
L'excursion aura duré plus de 3 heures en tout et nous retournons au club avec pleins d'étoiles dans les yeux.
Grâce à Henry, c'est une journée absolument inoubliable que nous avons passé avec ces rencontres exceptionnelles !
Nous étions déjà émerveillés lorsque nous avions pu les observer du bateau en Equateur, mais là pouvoir se mettre à l'eau avec elles et les voir approcher à quelques mètres de nous était vraiment un moment extraordinaire.
Le lendemain, nous sommes un peu dépités car il a plu une bonne partie de la nuit et cela continue au réveil. Tout est trempé ou presque et il nous faut pourtant remballer les affaires. Vers 9h, une petite éclaircie nous permet de replier la tente qui a séché rapidement. Une fois les sacs terminés, nous partons louer un scooter. Il ne nous reste plus que quelques heures sur Moorea alors nous allons essayé d'en profiter au maximum. Nous roulons vers les hauteurs en direction du belvédère. De là-haut, on domine les deux baies de l'île : Opunohu (à gauche) et Cook (à droite).
L'eau au fond des baies est un peu marron à cause des nombreuses averses de ces derniers jours et des nuages sont accumulés sur les sommets mais le panorama est tout de même superbe. La végétation luxuriante de l'île contraste avec le bleu de la mer.
Un peu plus bas sur la route, nous faisons une rapide pause au lycée agricole qui propose des produits locaux. Nous goûtons à la glace au tiaré et à la vanille, un régal ! Nous rejoignons ensuite la côte et gagnons la baie de Cook jusqu'au village de Pao Pao. Certains paysages nous font regretter de ne pas pouvoir passer plus de temps sur Moorea.
Une fois le scooter ramené à la location, nous prenons le déjeuner dans une roulotte au bord de la route. Fred, le cuisinier, prépare un carpachio d'espadon pour Elise et du Méké (un espadon des profondeur) grillé pour Sylvain... il n'y a pas à dire, pour cuisiner le poisson, ils savent comment s'y prendre en Polynésie.
Et puis vient l'heure de remonter dans le bus qui nous conduit à l'embarcadère mais en faisant le tour de l'île par le nord cette fois.
De retour à Papeete, Elise se met en quête d'une perle histoire de ramener un souvenir d'ici et Sylvain d'une librairie car nous sommes à court de lecture. Et nous trouvons facilement notre bonheur (c'est un policier qui nous a indiqué la librairie et ça nous a fait rire, ici ils sont très aimables et serviables en tout cas). Une fois les sacs alourdis un peu plus (davantage par les bouquins que par les perles, on vous rassure), nous décidons de faire un petit tour au marché. Il est un peu tard et la grande majorité des stands est fermée. Et nous tombons par hasard sur Laurent et Corinne qui nous présentent une marchande de poisson très sympathique chez qui nous achetons des barquettes. Pour le dîner, ce sera poisson cru au citron vert, poisson cru à la coco, légumes locaux (taro, patate et banane) et pohé pour le dessert (banane douce et acidulée à la fois cuite dans de l'amidon, c'est un peu spécial, mais nous sommes contents de découvrir une autre spécialité). Finalement, nous allons dormir à nouveau dans l'aéroport car nous ne voulons pas déranger Natacha à 4h du matin, notre vol décollant à 7h, c'est plus simple ainsi.
Après une nuit un peu courte, où nous squattons un bout de l'aéroport avec Laurent et Corinne, nous embarquons dans l'avion qui nous semble bien imposant après les multiples petits coucous que nous avons pris entre les îles.
Nous voilà désormais en route vers la Nouvelle-Calédonie où nous allons passer une vingtaine de jours. Au passage, nous traversons le méridien du changement de date, nous perdons 3h mais nous gagnons un jour, étrange voyage dans le temps...
Dire que la Polynésie nous a plu serait largement en dessous de la réalité. Certes, nous avons un peu cassé notre tirelire (le camping de Fakarava était à 30 € par personne et par nuit...) mais sans jamais le moindre regret au vue des merveilles que nous avons découvert. Que ce soit par la qualité de l'accueil, la richesse de la culture, la beauté des paysages ou les plongées de rêve, on peut dire que la Polynésie est à la hauteur de sa réputation. Nelly qui travaille au club de plongée de Maupiti nous avait prévenu dès notre arrivée : "Quand on vient en Polynésie, on a plus qu'une envie ensuite, y retourner"... et il est bien difficile de lui donner tort ! Un vrai coup de coeur, en particulier pour Maupiti et Fakarava.