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lundi 24 novembre 2014

Lifou et Nouméa

Après notre courte escale à Nouméa, nous embarquons à nouveau, cette fois-ci direction Lifou pour notre dernière semaine en Nouvelle-Calédonie.


Pour vous donner une idée, l'île est presque aussi grande que la Guadeloupe sauf qu'il a moins de 7 000 habitants contre plus de 400 000 en Gwada ! Sur cette île de la société, il y a une langue propre appelée le Drehu.

Arrivés sur place, l'aéroport se vide petit à petit et toujours aucun signe de la personne qui doit nous récupérer. Un bureau d'information touristique est sur le point de fermer mais la dame accepte de nous aider et passe un petit coup de fil au camping. Ils nous envoient quelqu'un et nous demande d'attendre sous le faré devant l'entrée. Voyant que nous sommes les derniers passagers, des gens proposent de nous déposer, mais nous refusons, gênés à l'idée que la personne qui vient nous chercher se casse le nez en ne nous trouvant pas comme convenu.

Après un bon moment, un jeune arrive avec un air désinvolte et nous dit : "Je dois récupérer des gens apparemment, je vais au gîte d'Easo", notre camping s'appelant "chez Benoît", on pense donc que ce n'est pas pour nous et puis très rapidement il s'en va. 

Et puis au bout d'1h30, toujours personne, nous essayons d'appeler sur la ligne fixe du camping, puis sur le portable et aucune réponse. Il est situé assez loin de l'aéroport donc pas possible d'y aller à pied avec les sacs. 
Le temps tourne et les personnes a qui nous avons emprunté le téléphone portable pour appeler le camping, nous proposent très gentiment de nous déposer, ce que nous finissons par accepter ne voyant toujours personne venir.

Arrivés au gîte, au village d'Easo, on retrouve le fameux jeune, qui ne nous adresse même pas un mot d'excuse et limite nous engueule. Ça commence bien ! 

On découvre ensuite le "coin-cuisine", une cuisinière à gaz d'un autre temps et dans un état d'oxydation assez avancé. Malgré tout une bouteille de gaz y est reliée, on essaie de l'allumer sans succès. On demande à la fille de Benoît, le propriétaire, qui nous confirme que ça ne marche pas. Dans les guides locaux, il était marqué qu'il y avait tout le nécessaire pour se faire à manger, c'est râpé. Heureusement, nous avons les gamelles et le réchaud prêtés par Carole à Nouméa et ils vont nous être bien utiles pour les prochains jours. Ne reste plus qu'à trouver une cartouche de gaz (car c'est interdit d'en transporter en avion). 


Heureusement, le cadre est sympa, le terrain de camping se compose d'une très jolie cocoteraie qui borde une plage aux eaux bleues turquoises. Après avoir trouvé un petit coin chouette pour planter la tente, nous partons faire des courses. 


La fille de Benoît nous dit que c'est à 5 minutes à pieds. Mais au bout de 15 minutes toujours pas d'épicerie. On demande à une voiture arrêtée sur le bord de la route qui nous dit que l'épicerie est à plus de 2 kilomètres encore (la fille doit donc marcher très très vite ! ;-) 

Jean, le chauffeur et accessoirement le neveu de Benoît, nous propose de nous y emmener alors que ce n'est pas son chemin et, arrivés devant l'épicerie il nous propose même de nous attendre pour nous ramener. Nous sommes gênés et puis n'avons aucune idée de ce que l'on va acheter, ni du temps que cela va prendre, donc nous déclinons son offre afin de le libérer.

Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas vu une épicerie aussi bien achalandée, il y a beaucoup de choix pour une fois, ça nous parait limite fou et à notre grande surprise, il y a même des légumes en boite. Ça peut sembler bête comme réaction mais on vous assure que c'est un vrai trésor ici, tout comme en Polynésie d'ailleurs. On s'extasie donc face à une boite de petits pois/carottes ou encore de ratatouille.

Après avoir fait le plein pour la semaine, nous avons un gros carton bien rempli et créons une file d'attente à la caisse. Les gens ont dû penser que l'on achetait le magasin ;-)

Nous nous lançons ensuite sur le chemin du retour les bras bien chargés.



On retente le stop et ça marche tout de suite. C'est un monsieur que l'on a croisé et salué dans l'épicerie et qui nous reconnaît. Il nous propose de monter à bord de sa superbe 106 customisée. Il nous demande si ça ne nous dérange pas de monter dans une vieille voiture, évidemment non, et du coup on plaisante tout le long de la route avec lui. Tout d'abord, la porte passager avant ferme avec un tendeur attaché vers le conducteur, la "fermeture centralisée". Il n'y a pas de siège passager à l'avant, donc très pratique pour les grandes jambes de Sylvain qui peut les étendre à volonté. Il n'y a pas de vitre non plus au niveau des portières avant, ni de lunette arrière, "la climatisation"... Bref à chaque truc déglingué, on rigole et on lui trouve une fonction pratique. Mais au moins sa voiture est tout terrain et il nous dit que c'est très pratique pour aller dans les champs. Et puis il nous rend un grand service avec toutes nos provisions à ramener jusqu'au camping. Il est catéchiste, c'est-à-dire qu'il remplace le prêtre dès qu'il n'est pas là. Demain, c'est jour de fête car comme tous les deux mois, le prêtre sera là pour officier la messe. Du coup, il nous propose de venir mais malheureusement on ne peut pas, on a piscine, enfin plutôt plongée. Sylvain est très déçu du coup ! ;-)


Pour fêter notre arrivée à Lifou, en fin de journée, on s'offre un petit apéro sur la plage et quelques minutes après s'être installés, une tortue sort la tête de l'eau juste en face de nous en guise de bienvenue.


Et puis histoire d'arroser ça, c'est la pluie qui s'invite ensuite une bonne partie de la soirée et même de la nuit. Il tombe des cordes et on court pour se mettre à l'abri sous la tente qui heureusement ne prend pas l'eau.

Le lendemain, on se prépare pour aller plonger, on prépare le matériel, les formalités administratives, on enfile la combinaison... quand on se rend compte qu'en fait, nous ne sommes prévus que pour le lendemain. On était tellement empressés de plonger ici que l'on s'est trompés de date et malheureusement il n'y a plus de place pour aujourd'hui.

Tant pis, comme nous sommes en maillots de bain, on fonce à la plage pour une bonne séance de snorkeling. 

Poissons clowns

Au début, il y a surtout des algues marronnasses pas très ragoûtantes et puis très vite elles font place à de magnifiques coraux et une multitude de poissons. Plus on s'éloigne du bord, plus c'est beau et meilleur est la visibilité. Et puis d'un seul coup, le relief forme comme une marche avec la fin des coraux et une longue langue de sable. Et là, un petit requin pointes blanches fait son apparition puis une raie aigle, un napoléon... C'est le festival ! Les fonds sont vraiment magnifiques.



Tricot rayé

On ressort donc de l'eau après 1h30 et on décide de monter jusqu'au point de vue de Notre-Dame-de-Lourdes qui donne des deux côtés de la baie de Jinek. Cela permet de contempler les splendides dégradés de turquoise.



Nous redescendons pour aller déjeuner avant d'aller refaire du snorkeling de l'autre côté de la pointe cette fois mais le soleil s'est caché, du coup les couleurs ne sont pas aussi jolies que le matin.

Calamar changeant de couleur

Le lendemain, ça y est, c'est matinée plongée.

Nous retrouvons Anne, rencontrée au club où nous avons plongé à Rangiroa en Polynésie, puis à Fakarava. Elle habite Nouméa et profite du week-end du 11 novembre pour aller plonger.

Le club n'était pas sûr de sortir à cause du vent qui s'est fortement levé. Cela rend tout de même la navigation moins évidente mais heureusement nous avons Patrice, un super capitaine qui gère comme un chef et le site de plongée est à l'abri du vent. 
En revanche nous ne pourrons faire qu'une seule plongée au lieu des deux prévues car les prévisions météo annoncent que le vent va encore forcir.


Du coup, Edouard, le moniteur, nous propose de faire 2 sites à la fois, Gorgone reef et les Arches. La visibilité est très bonne et le bleu est superbe.


Les gorgones sont absolument splendides, cela regorge de vie et de couleurs, et alors quel plaisir de franchir des petits canyons, grottes et autres arches.



Ce relief donne vraiment une ambiance particulière à la plongée, on se sent tels des explorateurs d'un nouveau monde. Cela donne même lieu à des situations amusantes comme une grotte qui ressort en plein milieu du récif, imaginez que vous apercevez une immense falaise et que d'un seul coup un petit bonhomme sort d'un trou invisible entouré de gorgones.



Et pour ne rien gâcher à notre plaisir, durant la plongée, nous apercevons un requin pointes blanches qui sommeille sur le sable à une dizaine de mètres sous nos pieds.


Après ça, nous sommes contraints de rentrer, le vent a forci comme prévu et avec la houle, notre capitaine est obligé de bien s'éloigner de la côte pour éviter les récifs qui affleurent la surface de l'eau.

Sur le bateau, en plus d'Anne, nous sommes avec un couple sympathique qui a tenu un club de plongée en Polynésie pendant 4 ans. Installés sur la petite île de Huahiné, ils ont été contraints de revendre leur club en raison de la forte baisse de fréquentation touristique de ces 3 dernières années. Ils vivent donc à présent à Nouméa.

Le lendemain matin, nous décidons de louer une voiture pour aller explorer l'île qui est assez grande. En attendant que la dame de location arrive, nous discutons avec Benoît dont l'un de ses fils est étudiant en cuisine à Grenoble. Son autre fils, étudiant en anthropologie et spécialiste de la culture Kanak a prévu de partir faire ses études à Paris l'année prochaine. On lui parle donc des difficultés de la vie à Paris, notamment l'éternelle course folle contre la montre et, à ce moment-là, il nous sort une très belle phrase : "Vous, vous avez l'heure, nous, nous avons le temps...". Ça fait réfléchir, non ?


Nous partons ensuite tout au nord, aux falaises de Jonkin dont Benoît nous a venté la beauté.

Sur la route, nous sommes derrière une camionnette dont la benne est remplie de jeunes qui nous font des signes pour nous indiquer la route. Ils ont deviné où nous allons, à croire que peu de touristes s'engagent sur cette route pour aller autre part et cela nous amuse beaucoup.


Arrivés sur place, un monsieur nous propose de visiter et prendre des photos de sa jolie case. Et puis nous descendons finalement les marches qui aboutissent aux falaises.


La vue est imprenable !

Celles-ci plongent dans des eaux d'un bleu turquoise intense parsemées de patates de corail qui grouillent de vie.


Encore une fois, nous nous faisons une bonne séance de snorkeling. 



Notre terrasse pour le déjeuner est vraiment pas mal, n'est-ce pas ?


Après cela, nous décidons de rester au nord et d'aller explorer la grotte du diable, autre attraction touristique de l'île.

Nous suivons les panneaux qui nous conduisent dans un jardin. Situé sur un terrain privé, c'est le propriétaire qui vous fait visiter les grottes, moyennant une petite contribution financière. Elise lui cède la place de co-pilote et nous nous lançons dans les 2 kilomètres de piste restante. Puis nous passons dans les jardins de la famille et empruntons finalement un petit chemin qui débouche sur des marches escarpées. Notre guide nous abandonne là et nous explique comment accéder aux 3 salles différentes. Dès le haut des marches, nous voyons la première salle, une grotte immense dont le toit est percé, laissant ainsi entrer un puits de lumière important et dont le sol est couvert de végétation.



Un petit chemin monte ensuite à la deuxième salle. Là, il faut faire un tout petit peu de varappe pour descendre, mais les trous dans la roche pour mettre ses pieds sont assez réguliers et il y a une corde pour pouvoir s'accrocher. On entend les cris des roussettes, chauve-souris locales dont les kanaks raffolent et cuisinent grillées ou en ragoût (nous n'avons pas eu l'occasion de goûter, donc on ne saurait vous dire si c'est bon ou en tout cas à notre goût).


Après la grotte, nous redescendons plus au centre de l'île pour visiter la grande chefferie de Hnathalo. Nous visitons l'immense case du chef du district.


Puis nous mettons le cap au sud-ouest, direction la magnifique plage de Peng aux eaux cristallines et au sable blanc très fin. Elise en profite pour collecter quelques jolis coquillages.


La plage est déserte à l'exception d'une famille.


Par contre, au bout de la route qui mène à la plage, des locaux se retrouvent autour d'une bière et pour jouer à la pétanque.


Le lendemain, nous repartons plonger pour deux immersions cette fois. Les sites sont toujours aussi beaux et nous nous émerveillons encore.



Par contre, nous mettons beaucoup de temps pour rentrer car le moteur a un petit souci et se bride automatiquement. Pas grave, nous profitons du panorama.

L'après-midi est donc déjà bien entamé quand nous prenons la route en direction du sud-est cette fois. Pour nos deux derniers jours sur l'île, nous avons décider de rester un peu au sud, histoire de découvrir une nouvelle facette de l'île. Et nous ne sommes pas du tout déçus de notre choix. Le camping est basé également dans une très belle cocoteraie complétée par d'autres essences variées, les installations sont vraiment chouettes (faré fermé pour manger, cuisine équipée...) et nous avons vue directe sur la plage de Luengoni, même depuis la tente.




La plage est splendide et rivalise de beauté avec celle de Peng.


Le lendemain, nous partons visiter "la grotte des joyaux de Luengoni" avec Noël, Chef coutumier de Luengoni, c'est-à-dire l'autorité locale pour les kanaks. C'est lui qui est chargé de gérer les conflits, de faire respecter la coutume, de donner son autorisation pour accéder à tel ou tel site...


Ces grottes servaient de refuge à la famille de Noël, notamment ses grands-pères et arrières-grands-pères lors des conflits et affrontements avec d'autres tribus.

Aujourd'hui, c'est son havre de paix à lui où il se réfugie dès qu'il cherche de la tranquillité ou un peu d'air frais.


Il y a tout d'abord une cavité extérieure un peu en hauteur dont on aperçoit les énormes stalactites.


La suite de la visite se poursuit sous terre avec un boyau qui arrive sur une piscine naturelle dont le plafond est couvert de stalactites. L'eau est cristalline et l'on peut voir à travers la surface les stalagmites. Nous sommes seulement éclairés à la lampe et l'ambiance est assez extra-ordinaire.


Un boyau descend encore beaucoup plus bas, mais comme il est rempli d'eau et qu'il n'y a aucune poche d'air, cette partie est uniquement accessible en plongée bouteilles (dommage que nous n'ayons pas le matériel avec nous car cela donne fortement envie de descendre).


Après cela, nous continuons tout au sud. Nous prenons un kanak en stop, on lui demande où il va : "Je vais au bout du monde" nous dit-il. "Nous aussi, monte" lui répond-on. Échange un peu surréaliste ;-) 

C'est "au bout du monde" car après la fin de cette route, il n'y a plus aucune tribu. 

Au bout du monde, il y a de très jolies falaises qui donne sur l'océan d'un bleu profond. Il y a également quelques piscines naturelles en contre-bas où les poissons se font prendre au piège à marée basse. C'est tentant encore une fois, mais la marche est très haute.




L'après-midi nous nous offrons un peu de repos avant d'aller explorer le caillou situé à quelques dizaines de mètres de la plage. 



Le coin est réputé pour les tortues, que nous cherchons désespérément avant d'en trouver une avec laquelle nous resterons un petit moment. A part ça, il n'y a pas énormément de choses à voir sous l'eau, contrairement à Easo.



Le lendemain matin c'est déjà l'heure de repartir vers Nouméa.



De retour au petit aéroport de Magenta, nous nous mettons en route pour le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou. Dans la baie de Tina, ce leader indépendantiste Kanak a ressemblé en 1975 et pour la première fois des Mélanésiens venant de toute la Calédonie lors du festival "Melanesia 2 000".


C'est sur ce même site qu'a été construit le centre, réalisé par Renzo Piano, l'un des architectes du Centre Pompidou de Paris. Il est constitué de dix grandes cases traditionnelles stylisées en bois, verre et fer. L'ensemble est plutôt réussi et une climatisation naturelle efficace aère agréablement les salles.


Nous commençons notre visite par le chemin Kanak qui retrace le mythe du premier homme à travers cinq étapes : les origines, la terre nourricière, les ancêtres, les esprits, la renaissance. Le sentier est très agréable et de nombreux panneaux expliquent les rôles des végétaux de Calédonie, autant symboliquement que pour la médecine.



Nous rentrons ensuite à l'intérieur des bâtiments. Il y a à la fois des expositions permanentes et temporaires mais également une médiathèque. Ce qui y est présenté nous semble assez inégal. Il y a finalement peu d'oeuvres artistiques de Calédonie (une des salles était en rénovation). En revanche, nous avons beaucoup aimé une belle exposition avec des aquarelles représentant des visages et une autre sur la coutume et l'organisation très complexe de la société Kanak.


Nous y apprenons notamment que lors d'un mariage, la mariée quitte sa tribu pour celle de son mari. Ces alliances sont très importantes pour garder les liens entre clans et ne peuvent que se faire entre clans ayant déjà eu des alliances.



De l'autre côté du centre, à l'extérieur, trois cases traditionnelles sont exposées.


Cette visite nous laisse un petit peu sur notre faim car nous nous attendions à voir d'avantage de sculptures ou peintures de Calédonie. 

Comme prévu, Carole vient nous chercher en fin d'après-midi. Ça fait plaisir de les retrouver avec Ronald, son fils.

Comme d'habitude, nous sommes super bien accueillis. :-) Carole nous propose à nouveau de faire une machine puis de nous emmener sur la fameuse place des Cocotiers, où a lieu une foire ayant pour thème le Vanuatu.

Danse traditionnelle de Vanuatu

De retour chez elle, elle nous prépare un super colombo de poulet qui est un vrai régal. Pour faire plaisir à Sylvain, elle nous a même acheté du fromage, sachant qu'il y a de fortes chances pour que nous n'en trouvions pas de si tôt après cela.

Carole nous a réservé la chambre d'amis et c'est vrai que c'est super agréable de retrouver un vrai lit.

Elle nous propose également d'appeler nos parents, car nous n'avons pas eu internet depuis un moment et cela fait très plaisir de les entendre et d'avoir de leurs nouvelles.

Nous passons encore une très bonne soirée tous ensemble et le temps file très vite.


Le lendemain matin, Carole nous a réservé un déjeuner gargantuesque avec croissant, pains, confitures, yaourts... en prévision de notre long trajet vers Sydney, puis Hong-Kong.

Nous sommes vraiment reçus comme des princes et on se sent super bien chez elle. Ça fait du bien aussi de retrouver la chaleur et le confort d'un foyer.

Toujours aussi adorable, Carole nous propose de nous emmener à l'aéroport, qui est tout de même situé à 40 km de Nouméa. Elle a vraiment le coeur sur la main.

Et puis c'est déjà le temps des au-revoir, de nouvelles belles rencontres nous attendent.


- Carole, si tu lis ces lignes, nous souhaitons à nouveau t'adresser un énorme MERCI ! :-) -

dimanche 16 novembre 2014

Ile des Pins

Nous arrivons à l'Ile des Pins un peu après 18 heures et il fait déjà nuit noire. Le soleil se couche et se lève également très tôt, vers 5 heures. Une dame du camping est à l'aéroport et nous amène au camping, au sud de l'île qui compte 2 800 habitants. C'est vraiment un endroit très sympa pour poser sa tente : c'est bien ombragé, il y a de grands farés éclairés le soir pour manger et chaque faré a une prise pour recharger les appareils électroniques, les sanitaires sont grands et propres, il y a même internet (enfin par intermittence, donc on peut au moins lire nos mails).

Banian du camping
L'île est appelée Kunié en langue locale, le Kwényï. En effet, il n'y a pas une mais plus d'une trentaine de langues kanaks. Ces dialectes n'ont jamais fusionné avec le français contrairement au créole aux Antilles ou à la Réunion.

Dès le lendemain matin, nous ne perdons pas de temps puisqu'à 7h30, le minibus du club de plongée nous attend. Nous avons deux plongées de prévues, la première sera dans la passe Gié et la seconde dans la vallée des gorgones.

Sur le bateau de plongée
Les deux plongées sont très chouettes, plus d'une heure à chaque fois avec d'innombrables coraux de toutes les couleurs, de grandes gorgones, des thons, deux requins gris, des nudibranches colorés (petites limaces des mers), des crevettes transparentes, un gros barracuda, des poissons coffres, anges, clowns... bref, pleins de belles choses et en prime, un coquillage parcouru par des arcs électriques et des hippocampes pygmés.

Dans cette vidéos se cachent des hippocampes pygmés !

Ces derniers mesurent moins d'un centimètre et nous ne les aurions jamais vu si le moniteur ne nous les avait pas montrés. En fait, ils sont toujours sur le même type de gorgone et légèrement plus clairs ce qui permet de les repérer.

Plume de mer
Poissons clowns à deux bandes

Quand on vous dit que les gorgones sont belles ;-)

Le guide est très sympa et le gérant du club, bien que métro, s'attache à faire travailler des mélanésiens, deux de ces moniteurs sont donc originaires de l'île. En revanche, il dit qu'actuellement, il est difficile de trouver des jeunes fiables et de confiance car très nombreux sont ceux qui boivent et fument de l'herbe, difficilement conciliable avec le métier. Il nous raconte aussi que son année va être catastrophique car il y a une très forte baisse de fréquentation sur l'île. Il sent le climat se tendre et pense que cela va exploser dans peu de temps entre les différentes populations, mais que c'est un mal nécessaire. Lui a de plus en plus envie de regagner la métropole.

Entre les deux plongées, nous avons le plaisir de contempler l'Ile des Pins depuis la mer et cela vaut le coup !


Nous sommes entourés de petits îlots inhabités découpés par les vagues, couverts de pins colonnaires contrastant avec le bleu turquoise du lagon, splendide. On nous a dit que l'une des saisons de l'émission Koh Lanta a été tournée sur l'un de ces îlots, il y a pire comme endroit pour jouer au Robinson !


Seul petit bémol de la sortie, nous étions un peu trop nombreux sur le bateau (une quinzaine sur un Zodiac), le grand bateau étant en panne, il a fallu s'entasser sur le petit.

L'après-midi, nous passons un moment à marcher pour faire des courses car l'île est grande et nous n'avons que nos pieds comme moyen de locomotion. L'une des épiceries est en face de l'ancien bagne où furent déportés jusqu'en 1912 des prisonniers politiques parmi lesquels quelques 3 000 communards (dont Louise Michelle), des kabyles et des révoltés kanaks. Ce sont eux qui ont aménagé les premières infrastructures de l'île : routes, bâtiments, châteaux d'eau...
Un peu plus tard, nous faisons un petit tour dans les deux baies toutes proches du camping, Kuto et Kanuméra. Au centre de cette deuxième, un caillou se détache du lagon et est couvert de végétation. Il est considéré comme sacré, des tikis sont visibles et un panneau précise qu'il est interdit d'y monter.

Baie de Kanuméra

Baie de Koné
Le lendemain, nous partons en excursion pour découvrir deux îlots. Le bateau nous attend devant la plage du camping. Nous serons 9 personnes plus le capitaine mais le bateau est grand et luxueux, un pare-soleil nous protège et nous prenons confortablement place sur les banquettes. Après 25 minutes de navigation et être sortis de la barrière de corail, nous accostons sur l'un des îlots de l'atoll Nokanhui.



Il est constitué d'une grande langue de sable blanc et se termine par un petit caillou couvert de végétation où nichent des aigles pêcheurs... le paradis n'est plus très loin !



Aigle pêcheur
Après un rapide petit bain, retour sur le bateau direction l'îlot Moro où nous allons manger. En chemin, nous nous attardons sur une étendue sableuse peu profonde où l'on aperçoit un requin léopard, des raies pastenagues et une tortue. Une fois encore, pleins d'îlots peuplés de pins colonnaires se détachent sur la mer.



Nous débarquons ensuite sur l'îlot Moro et nous sommes rapidement invités a déguster un cocktail de bienvenue accompagné de coco grillée, ça a un très bon goût de fumé. La décoration du lieu est soignée, pleins de coquillages suspendus partout, de tressages en feuilles de palmiers, d'anciennes bouées de pêche et de fleurs, c'est très réussi.




Nous nous installons ensuite sous un faré avec un autre couple de notre camping qui est plutôt sympa.
Pour le repas, là aussi, c'est le luxe ! Langouste en entrée (on a craqué !), plus d'une demi-bête par personne accompagnée de mayonnaise et d'une très bonne salade de papaye verte. C'est la seule langouste que nous mangerons en Océanie alors on déguste !

Elise a épargné la marmotte mais pas la langouste !!!
Ensuite, le plat est composé de deux poissons, une loche marbrée et un poisson chirurgien. Le second est un peu plus gras et a plus de goût. Comme accompagnement, nous goûtons au riz coco et l'igname. En revanche, le dessert composé de papaye fraîche et de pêche en boîte est un peu moins savoureux à notre goût (surtout quand l'on n'aime pas la papaye, ce qui est notre cas, sauf pour la papaye verte).

Après ce festin, nous "roulons" jusqu'à la mer pour admirer ce qui se cache dans le corail. C'est marée basse et il y a très peu d'eau, il est compliqué de nager sans toucher le corail qui est très coupant... Elise fait une caresse au corail au passage avec sa jambe, mais du coup le corail a gagné. Elle poursuit donc la visite de l'île pas une petite séance photos du paysage.


Il y a pas mal de nudibranches dont un énorme d'environ 25 centimètres. Nous croisons également un tricot rayé, il y en a pas mal ici ce qui déplaît fortement à Elise qui n'aime pas les serpents. C'est un petit reptile que l'on trouve aussi bien dans l'eau que sur terre et qui a l'un des venins les plus puissants du monde animal... heureusement, il a une toute petite bouche et ne peut pas mordre l'homme sauf la fine peau qui est entre les doigts. Il n'est pas agressif et il suffit de ne pas l'embêter. En fin de baignade, nous découvrons un requin pointe blanche qui sommeille dans une cavité. Et puis c'est déjà l'heure de rentrer.


Après cette chouette excursion, nous voulons monter au sommet de l'île, le Pic N'ga (262 mètres) qui permet d'avoir un très beau point de vue sur les baies de Kuto et Kanuméra. Malheureusement, il se met à pleuvoir et le ciel est bien bouché. Du coup, changement  de programme. Quitte à être mouillés, autant se mettre à l'eau ! Nous faisons le tour du rocher de la baie de Kanuméra.
Le paysage est chouette mais sous l'eau, la quasi totalité des coraux sont morts. L'on observe tout de même des poissons clowns et un tricot rayé.

Pour notre dernière journée sur l'île des Pins, nous hésitons entre une balade en pirogue et louer des vélos. La pluie étant au rendez-vous, nous optons pour les vélos car nous pourrons ainsi nous mettre à l'abri si besoin.
Les premiers kilomètres se font sous la pluie. Nous pédalons jusqu'au village de Vao situé au sud de l'île. Nous trouvons refuge dans l'église le temps que l'averse se calme un peu.

Eglise de Vao
Plafond de l'église
Ensuite, nous allons admirer un site cérémoniel dans la baie de Saint Maurice. C'est un monument commémorant la mémoire des missionnaires de l'île mais entièrement entouré de tikis traditionnels, le mélange est curieux.



Sur la place du village, un autre monument aux morts nous fait rire car les drapeaux français et kanak sont hissés mais ce dernier est beaucoup plus grand ! Ici, on est kanak avant d'être français, on s'en doutait un petit peu !


Nous quittons ensuite le village en direction du nord. On s'aperçoit rapidement que l'île n'est pas plate mais très vallonnée, ce n'est qu'une succession de faux plats. Après 1h30 d'efforts, nous arrivons à la baie d'Oro. Le site est réputé pour sa piscine naturelle. La mer rentre à marée haute au milieu de nombreux rochers et à marée basse, l'eau est piégée en même temps que les poissons !

Site de la piscine naturelle
Crabe violoniste
L'endroit forme une presqu'île dont nous faisons le tour en remontant la rivière de sable.

Rivière de sable
Arrivée sur la plage de la baie, nous cassons la croûte et Elise se met au dépeçage de coco, pas facile même avec un bon couteau !


Baie d'Oro
Nous terminons notre tour en longeant les luxueuses habitations du Méridien, où l'on croise beaucoup de Japonais dont un couple en train de déguster une bouteille de Champagne sur leur terrasse.
Nous entamons ensuite le sentier en direction de la baie d'Upi à une bonne demi-heure de marche au milieu d'une forêt dense où nous entendons d'innombrables chants d'oiseaux. La baie est belle avec de gros rochers au milieu mais, à marée basse, il y a beaucoup de vase. C'est un genre de baie d'Along en miniature, mais il manque tout de même un petit rayon de soleil.

Baie d'Upi
Après un agréable bain de pieds dans la boue, nous regagnons la piscine naturelle pour se baigner. Il y a beaucoup de coraux et de bénitiers, une multitude de poissons, c'est vraiment joli.



Après la nage, nous terminons notre journée triathlon par à nouveau du vélo ! En tout, nous avons du faire 40 km de vélo (aïe bobo les fesses, car on n'a pas l'entraînement de Didier), 10 km de marche et un peu de nage, on va bien dormir !
Pour le retour, nous optons pour passer par la côte ouest. La montée au centre de l'île pour changer de côte est longue et parfois raide ! Par contre, c'est une vraie récompense de pouvoir descendre en admirant le paysage.
Nous sommes de retour au camping juste à temps pour aller admirer un extraordinaire coucher de soleil sur la plage. L'eau, le ciel et les nombreux nuages deviennent rouge-orange pendant de longues minutes que nous savourons.


Après une courte nuit, c'est déjà l'heure de repartir... Notre vol a été décalé et nous devons nous lever à 5h30 pour ranger les affaires qui sont humides ou trempées...



Après 20 minutes de vol, nous voici à nouveau à Nouméa pour une escale de plusieurs heures avant notre départ pour l'île de Lifou. Sylvain en profite pour aller imprimer les documents qui nous permettrons de sortir de l'aéroport à Sydney et de rentrer au Vietnam. Pendant ce temps, Elise s'occupe de réserver le logement sur Lifou et de faire un peu sécher les affaires car le soleil est de retour ! A 13h20, notre avion décolle pour Lifou vers de nouvelles aventures !