samedi 29 novembre 2014

Hong Kong

Nous profitons des 3 heures de vol vers Sydney pour remplir le long formulaire qui doit nous permettre de sortir de l'aéroport. "Non", nous n'allons pas assassiner le président australien, "non", nous n'avons ni la dengue ni ebola, "oui", nous allons ressortir du pays etc...

Nous y avons une escale de plus de 6 heures et le centre-ville n'est pas loin. Malheureusement, il ne fallait pas seulement imprimer et compléter le questionnaire mais aussi le renvoyer aux autorités australiennes... dommage, nous ne verrons la baie et le célèbre opéra que depuis le ciel.



Du coup, nous passons l'escale en zone de transit sous l'air glacé des climatisations.


Nous montons dans l'avion en soirée pour arriver à Hong-Kong (香港特別行政區) vers 5 heures du matin. 


Après ce long vol, nous décidons de prendre le Airport Express puis le métro pour rejoindre notre hôtel que nous avions déjà réservé par Internet. Les transports en commun sont très simples et efficaces, tout est traduit en anglais (ouf !). Notre hôtel se trouve sur l'une des artères principales de la péninsule de Kowloon (en face de l'île de Hong-Kong), au troisième étage. Dans notre petit immeuble de 16 étages, nous croisons beaucoup de pakistanais (ou d'indiens) et pleins d'échoppes de tout et n'importe quoi sur les deux premiers étages. 
A 7 heures du matin, comme convenu, nous sonnons à la porte de l'hôtel et un pakistanais enveloppé dans sa couette entre-ouvre la porte en se frottant les yeux... Il nous dit que l'on est bien gentils mais que le check-in est à midi alors on pose vite nos gros sacs-à-dos et on part se promener. 

Hong-Kong fait partie de la Chine bien qu'une partie de sa population ait des velléités d'indépendance. Un mouvement assez important de protestation contre les autorités chinoises est en cours. La Chine a promis aux habitants des élections libres sauf que c'est le gouvernement chinois qui a choisi tous les candidats... Du coup, des manifestations pacifiques ont eu lieu mais durant lesquelles des policiers ont tabassé des étudiants. Par réaction, le mouvement s'est amplifié. A part beaucoup de policiers rassemblés devant les bâtiments gouvernementaux, nous ne verrons aucun signe de cette contestation. 


Nous sortons de l'hôtel en direction du bras de mer qui nous sépare de l'île de Hong-Kong. Depuis le front de mer, on a une vue impressionnante sur une forêt de buildings tous plus hauts les uns que les autres. Hong Kong est la ville qui compte le plus de gratte-ciels au monde !



Nous avons du mal à savoir si cela est beau mais en tout cas, c'est sans aucun doute grandiose. Parmi les bâtiments les plus remarquables, la Bank of China Tower (315 mètres) conçue par l'architecte de la pyramide du Louvre, le Centre Culturel près duquel se trouve la flamme olympique et la plus grande tour de la ville, l'International Commerce Center culminant à 484 mètres (soit 180 de plus que la tour Effeil !). 

Pour traverser jusqu'à l'île de Hong-Kong, nous prenons le Star Ferry. Depuis 1888, ces bateaux assurent le transport de nombreux passagers (10 millions par an ces dernières années) et pas seulement des touristes.



Une fois débarqués, nous nous faufilons entre les tours et commençons l'ascension de la colline. Il y a un tramway qui longe la côte, il est très étroit, comme obligé de rentrer le ventre, pour pouvoir passer entre les tours géantes.


Nous sommes également frappés par les échafaudages qui ne sont pas en métal mais en bambou et vont jusqu'en haut de certains immeubles.


Une fois sortis des avenues où les boutiques de luxe se succèdent, les artères deviennent des rues et des ruelles où l'ambiance est plus agréable.


Nous visitons notre premier temple en Asie, le Man Mo (文武廟 en chinois !) dédié au dieu de la littérature. Tout petit au milieu de ces buildings, il parait comme résister malgré tout à la folie verticale qui s'est emparée de la ville.


A l'intérieur, l'atmosphère est saturée d'encens et les couleurs chaudes des ornements rouges et dorés rendent l'endroit très particulier. Il y a de nombreuses lanternes et d'innombrables serpentins d'encens avec leur coupelle pour récupérer les cendres.




Après cette escale spirituelle, nous continuons notre ascension en direction d'un tramway-funiculaire un peu particulier.



Il existe depuis 1888 et nous amène jusqu'à 396 mètres d'altitude, au pied du Peak, un bâtiment avec une immense terrasse d'où la vue à 360° est imprenable. Si la quasi-totalité des passagers sont des touristes, quelques habitants l'utilisent pour rejoindre les rares logements situés sur la colline Victoria. Nous descendons du tramway et entrons dans le Peak. C'est une succession d'escalators et d'innombrables boutiques de souvenirs s'étalant sur 4-5 étages. Une fois en haut, nous sommes à 552 mètres et surplombons toute la ville mais aussi ses alentours vallonnés et étonnamment assez boisés.


Nous avons de la chance car le temps est dégagé, chose rare, la brume étant fréquente au-dessus de Hong-Kong.





Pour le repas du midi, nous choisissons de manger japonais. Un des avantages ici, c'est que l'on a les cuisines de tous les pays (ou presque) à disposition. On a tout d'abord un peu de mal à comprendre le fonctionnement. Nous sommes assis devant un petit tapis roulant où passent les plats (sushis, makis...). Quand quelque chose nous intéresse, on se sert et le prix dépend de la couleur de l'assiette. Sur le côté, il a trois pots : le gingembre, le wasabi et une poudre verte pour le thé qui est a volonté.


Nous découvrons des saveurs que nous ne connaissons pas dans les restaurants japonais en France. 

Après ce très bon repas, nous retournons à l'hôtel. Le réceptionniste est réveillé et nous explique qu'il nous a mis dans la chambre de 3 personnes pour que nous ayons plus de place... et heureusement ! La chambre doit faire 10 m², on a juste la place pour rentrer et nous sommes entourés par les matelas. Le matelas 2 places est d'ailleurs plutôt un 1 place et 1/2. On doit glisser les sacs à dos sous les lits pour pouvoir marcher, c'est beaucoup plus petit que nos chambres sur les bateaux de croisières... Pour la salle de bain, il n'y a qu'une petite cabine avec un toilette, une pomme de douche et un petit lave-mains. Il y a cependant tout le confort nécessaire : eau chaude, climatisation, wifi, TV... 

La plupart des habitations sont minuscules à Hong-Kong car le prix de l'immobilier est très cher par rapport au revenu moyen. Les gens passent un maximum de temps en dehors de chez eux du fait de l'exiguïté des logements. 
Il y a beaucoup de monde sur une petite surface, 7 millions de personnes vivent dans la ville.

Nous profitons de notre chambre pour faire une sieste, bien venue après notre long voyage et pour encaisser le décalage horaire. Le soir, nous choisissons de manger un des plats traditionnels qui sont des raviolis cuits à la vapeur que l'on trempe dans une sauce, mélange de vinaigre et de sauce soja. Ceux aux crabes et ceux aux champignons ne sont pas bons, ils sont incroyables ! C'est à la fois tendre et ferme, doux et parfumé et il y a un jus à l'intérieur vraiment succulent.


Après ce régal, nous retournons dormir dans notre clapier ;-)


Le lendemain, direction le quartier électronique. Nous voulons acheter une liseuse car c'est plus pratique que les livres et surtout moins lourd ! Nous pensions y trouver de tout mais alors là... On trouve absolument tout et pour ce qui est des petites choses, à des prix dérisoires, normal, c'est fabriqué pas loin. Pour vous donner une idée, un briquet tout comme un petit carnet ou 4 piles coûtent 20 centimes d'euros (sans marchander). On s'y perd complètement tellement l'offre est grande. 
Nous entrons ensuite dans un bâtiment où se succèdent les petites boutiques d'informatique et de téléphones. Imaginez les petits magasins des Chinois de Daumesnil mais entassés dans un sous-sol, 60 ou 70 magasins par étages, des petites allées avec tellement de monde qu'il est difficile d'y circuler et des étals sans un seul centimètre sans un produit. C'est assez surréaliste comme endroit et l'île paradisiaque de Lifou nous semble déjà bien loin ! Nous parvenons tout de même à trouver ce que l'on cherche mais avec du mal pour la liseuse car ils utilisent plutôt leur portable ou leur tablette pour lire. Celle-ci nous coûte 30 € plus cher qu'en France, c'est quand même un comble ! En revanche, nous prenons des cartes mémoires qui, elles, sont 4 fois moins coûteuses qu'en France. 

Une fois nos emplettes terminées, nous visitons le marché tout proche. Beaucoup de fruits et légumes nous sont inconnus. Le quartier de la poissonnerie est étonnant car la majorité des poissons sont présentés vivants dans de petites bassines d'eau. Il y a aussi beaucoup d'anguilles qui continuent à gigoter même coupée en trois et des grandes cages desquelles des crapauds tentent de s'échapper.


Nous ne tentons pas notre chance avec les crapauds, en revanche, nous achetons pas mal de fruits : un fruit du dragon, rose avec une chaire blanche granulée de pépins type kiwi, le goût est agréable, acidulé ; un fruit rouge à la forme d'un petit poivron au goût agréable et indescriptible ; un genre de grosses poires qui a un peu le même goût mais moins sucrée. Bref, on découvre !



Nous allons ensuite manger à la "cantine" du marché, on retrouve un peu l'esprit des marchés boliviens version asiatique avec pleins de petits stands où l'on prépare de la nourriture quotidienne pour trois sous. Nous sommes un peu l'attraction du marché car si Hong-Kong est assez touristique, les visiteurs ne viennent pas manger là. Nous arrivons à nous faire comprendre par un mélange de langage des signes et d'anglais et mangeons très bien.



L'après-midi, nous prenons le métro pour aller sur l'île de Lantau (celle de l'aéroport) afin d'y admirer le bouddha géant de Tian Tan. Pour y accéder, un long téléphérique de plus de 5 kilomètres a été construit pour faciliter l'accès.


De la cabine, nous voyons l'aéroport puis, le béton laisse place à la végétation qui couvre toutes les collines alentours.


En haut du téléphérique, on se croirait un peu à Disneyland (il y en a d'ailleurs un tout proche). C'est, une fois encore, une succession de boutiques de souvenirs.


Un peu plus loin, nous découvrons l'énorme statue sur la droite au sommet d'une succession d'escaliers et, à gauche, une magnifique pagode.


Nous commençons par le bouddha et, arrivés en haut, des bonzes femmes (des bonzettes ?) font une procession où elles entonnent le refrain d'une prière en se prosternant chaque minute et en faisant le tour de la statue.






Une fois redescendus, nous allons visiter la pagode aux mille boudhas qui est un espace empli de calme et de sérénité où les bonzes vivent. Ce lieu est très raffiné avec de nombreux ornements et statues.





La visite terminée, nous retournons dans l'agitation de la ville. A 20 heures, nous admirons un spectacle de lumières projeté sur la tour la plus haute. On y voit des animaux et des personnages se déplacer sur l'immense bâtiment.




Nous choisissons ensuite de retourner sur Kowloon grâce au Star Ferry afin d'admirer la ville de nuit. La consommation d'électricité pour illuminer la cité doit être absolument incroyable.


Pour le repas, nous choisissons un restaurant Thaïlandais qui se révèle absolument délicieux.


Ensuite, petite ballade digestive au marché de nuit. Une fois de plus, on y trouve de tout : des cartes postales, des ballons, des sacs Vuiton à 15 €, des lunettes de soleil, des caleçons, des chaussures... 

Pour la journée du lendemain, le programme est chargé avant de reprendre l'avion à 17h. Avant de sortir de l'hôtel, nous vérifions que l'horaire de notre vol pour Hanoï n'a pas changer et là... souci. En effet, le vol a été décalé à 8h40. Petit coup d'oeil sur la montre... aïe, il est 9h donc, il est déjà parti.
Du coup, nous finissons les sacs et filons à l'aéroport pour essayer de trouver une solution. Le premier souci est qu'un billet Hong-Kong/Hanoï coûte 250 € (pour seulement 3h de vol), le second est que notre lettre afin d'obtenir le Visa vietnamien précise que nous arrivons le 18 novembre.
Nous allons directement au bureau de Dragon Airlines qui devait assurer notre vol. Nous expliquons notre situation à une première hôtesse, puis une seconde qui nous dit qu'elle ne peut pas faire grand chose mais qu'elle va tout de même voir avec son responsable. Il n'y a qu'un vol pour Hanoï dans l'après-midi et il est assuré par une autre compagnie. On sent l'histoire mal embarquée. Une des hôtesses vient gentiment nous offrir des bons d'achat pour manger un petit truc en attendant.

Elle revient ensuite pour nous informer qu'elle a pu nous trouver une place sur le vol de l'après-midi. Jusqu'au moment de récupérer nos cartes d'embarquement, nous pensons avoir mal compris mais non. Elle nous a bien trouvé un vol, nous ne déboursons pas un centime et on nous a même offert un en-cas. On hésite à l'embrasser tellement nous n'en revenons pas mais ici, cela ne se fait pas trop.


Tout contents, nous embarquons donc dans l'avion de la Vietnam Airlines qui, en plus, est notre vol le plus confortable depuis notre départ et celui où nous mangeons le mieux ! Nous voici en route vers notre première grande escale asiatique, le Vietnam.

Nous avions peur de la transition en sortant des lagons d'Océanie pour arriver dans une ville immense. Certes, le changement d'ambiance a été rude mais Hong-Kong est une cité très occidentalisée où il est facile de se déplacer et où beaucoup de monde parle anglais. En revanche, le consumérisme à outrance est parfois un peu exaspérant. Nous aurions tout de même voulu passer une journée de plus afin d'avoir le temps de visiter le parc et un ou deux musées qui avait l'air intéressants. 

A bientôt au Vietnam

Album photo par ici

lundi 24 novembre 2014

Lifou et Nouméa

Après notre courte escale à Nouméa, nous embarquons à nouveau, cette fois-ci direction Lifou pour notre dernière semaine en Nouvelle-Calédonie.


Pour vous donner une idée, l'île est presque aussi grande que la Guadeloupe sauf qu'il a moins de 7 000 habitants contre plus de 400 000 en Gwada ! Sur cette île de la société, il y a une langue propre appelée le Drehu.

Arrivés sur place, l'aéroport se vide petit à petit et toujours aucun signe de la personne qui doit nous récupérer. Un bureau d'information touristique est sur le point de fermer mais la dame accepte de nous aider et passe un petit coup de fil au camping. Ils nous envoient quelqu'un et nous demande d'attendre sous le faré devant l'entrée. Voyant que nous sommes les derniers passagers, des gens proposent de nous déposer, mais nous refusons, gênés à l'idée que la personne qui vient nous chercher se casse le nez en ne nous trouvant pas comme convenu.

Après un bon moment, un jeune arrive avec un air désinvolte et nous dit : "Je dois récupérer des gens apparemment, je vais au gîte d'Easo", notre camping s'appelant "chez Benoît", on pense donc que ce n'est pas pour nous et puis très rapidement il s'en va. 

Et puis au bout d'1h30, toujours personne, nous essayons d'appeler sur la ligne fixe du camping, puis sur le portable et aucune réponse. Il est situé assez loin de l'aéroport donc pas possible d'y aller à pied avec les sacs. 
Le temps tourne et les personnes a qui nous avons emprunté le téléphone portable pour appeler le camping, nous proposent très gentiment de nous déposer, ce que nous finissons par accepter ne voyant toujours personne venir.

Arrivés au gîte, au village d'Easo, on retrouve le fameux jeune, qui ne nous adresse même pas un mot d'excuse et limite nous engueule. Ça commence bien ! 

On découvre ensuite le "coin-cuisine", une cuisinière à gaz d'un autre temps et dans un état d'oxydation assez avancé. Malgré tout une bouteille de gaz y est reliée, on essaie de l'allumer sans succès. On demande à la fille de Benoît, le propriétaire, qui nous confirme que ça ne marche pas. Dans les guides locaux, il était marqué qu'il y avait tout le nécessaire pour se faire à manger, c'est râpé. Heureusement, nous avons les gamelles et le réchaud prêtés par Carole à Nouméa et ils vont nous être bien utiles pour les prochains jours. Ne reste plus qu'à trouver une cartouche de gaz (car c'est interdit d'en transporter en avion). 


Heureusement, le cadre est sympa, le terrain de camping se compose d'une très jolie cocoteraie qui borde une plage aux eaux bleues turquoises. Après avoir trouvé un petit coin chouette pour planter la tente, nous partons faire des courses. 


La fille de Benoît nous dit que c'est à 5 minutes à pieds. Mais au bout de 15 minutes toujours pas d'épicerie. On demande à une voiture arrêtée sur le bord de la route qui nous dit que l'épicerie est à plus de 2 kilomètres encore (la fille doit donc marcher très très vite ! ;-) 

Jean, le chauffeur et accessoirement le neveu de Benoît, nous propose de nous y emmener alors que ce n'est pas son chemin et, arrivés devant l'épicerie il nous propose même de nous attendre pour nous ramener. Nous sommes gênés et puis n'avons aucune idée de ce que l'on va acheter, ni du temps que cela va prendre, donc nous déclinons son offre afin de le libérer.

Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas vu une épicerie aussi bien achalandée, il y a beaucoup de choix pour une fois, ça nous parait limite fou et à notre grande surprise, il y a même des légumes en boite. Ça peut sembler bête comme réaction mais on vous assure que c'est un vrai trésor ici, tout comme en Polynésie d'ailleurs. On s'extasie donc face à une boite de petits pois/carottes ou encore de ratatouille.

Après avoir fait le plein pour la semaine, nous avons un gros carton bien rempli et créons une file d'attente à la caisse. Les gens ont dû penser que l'on achetait le magasin ;-)

Nous nous lançons ensuite sur le chemin du retour les bras bien chargés.



On retente le stop et ça marche tout de suite. C'est un monsieur que l'on a croisé et salué dans l'épicerie et qui nous reconnaît. Il nous propose de monter à bord de sa superbe 106 customisée. Il nous demande si ça ne nous dérange pas de monter dans une vieille voiture, évidemment non, et du coup on plaisante tout le long de la route avec lui. Tout d'abord, la porte passager avant ferme avec un tendeur attaché vers le conducteur, la "fermeture centralisée". Il n'y a pas de siège passager à l'avant, donc très pratique pour les grandes jambes de Sylvain qui peut les étendre à volonté. Il n'y a pas de vitre non plus au niveau des portières avant, ni de lunette arrière, "la climatisation"... Bref à chaque truc déglingué, on rigole et on lui trouve une fonction pratique. Mais au moins sa voiture est tout terrain et il nous dit que c'est très pratique pour aller dans les champs. Et puis il nous rend un grand service avec toutes nos provisions à ramener jusqu'au camping. Il est catéchiste, c'est-à-dire qu'il remplace le prêtre dès qu'il n'est pas là. Demain, c'est jour de fête car comme tous les deux mois, le prêtre sera là pour officier la messe. Du coup, il nous propose de venir mais malheureusement on ne peut pas, on a piscine, enfin plutôt plongée. Sylvain est très déçu du coup ! ;-)


Pour fêter notre arrivée à Lifou, en fin de journée, on s'offre un petit apéro sur la plage et quelques minutes après s'être installés, une tortue sort la tête de l'eau juste en face de nous en guise de bienvenue.


Et puis histoire d'arroser ça, c'est la pluie qui s'invite ensuite une bonne partie de la soirée et même de la nuit. Il tombe des cordes et on court pour se mettre à l'abri sous la tente qui heureusement ne prend pas l'eau.

Le lendemain, on se prépare pour aller plonger, on prépare le matériel, les formalités administratives, on enfile la combinaison... quand on se rend compte qu'en fait, nous ne sommes prévus que pour le lendemain. On était tellement empressés de plonger ici que l'on s'est trompés de date et malheureusement il n'y a plus de place pour aujourd'hui.

Tant pis, comme nous sommes en maillots de bain, on fonce à la plage pour une bonne séance de snorkeling. 

Poissons clowns

Au début, il y a surtout des algues marronnasses pas très ragoûtantes et puis très vite elles font place à de magnifiques coraux et une multitude de poissons. Plus on s'éloigne du bord, plus c'est beau et meilleur est la visibilité. Et puis d'un seul coup, le relief forme comme une marche avec la fin des coraux et une longue langue de sable. Et là, un petit requin pointes blanches fait son apparition puis une raie aigle, un napoléon... C'est le festival ! Les fonds sont vraiment magnifiques.



Tricot rayé

On ressort donc de l'eau après 1h30 et on décide de monter jusqu'au point de vue de Notre-Dame-de-Lourdes qui donne des deux côtés de la baie de Jinek. Cela permet de contempler les splendides dégradés de turquoise.



Nous redescendons pour aller déjeuner avant d'aller refaire du snorkeling de l'autre côté de la pointe cette fois mais le soleil s'est caché, du coup les couleurs ne sont pas aussi jolies que le matin.

Calamar changeant de couleur

Le lendemain, ça y est, c'est matinée plongée.

Nous retrouvons Anne, rencontrée au club où nous avons plongé à Rangiroa en Polynésie, puis à Fakarava. Elle habite Nouméa et profite du week-end du 11 novembre pour aller plonger.

Le club n'était pas sûr de sortir à cause du vent qui s'est fortement levé. Cela rend tout de même la navigation moins évidente mais heureusement nous avons Patrice, un super capitaine qui gère comme un chef et le site de plongée est à l'abri du vent. 
En revanche nous ne pourrons faire qu'une seule plongée au lieu des deux prévues car les prévisions météo annoncent que le vent va encore forcir.


Du coup, Edouard, le moniteur, nous propose de faire 2 sites à la fois, Gorgone reef et les Arches. La visibilité est très bonne et le bleu est superbe.


Les gorgones sont absolument splendides, cela regorge de vie et de couleurs, et alors quel plaisir de franchir des petits canyons, grottes et autres arches.



Ce relief donne vraiment une ambiance particulière à la plongée, on se sent tels des explorateurs d'un nouveau monde. Cela donne même lieu à des situations amusantes comme une grotte qui ressort en plein milieu du récif, imaginez que vous apercevez une immense falaise et que d'un seul coup un petit bonhomme sort d'un trou invisible entouré de gorgones.



Et pour ne rien gâcher à notre plaisir, durant la plongée, nous apercevons un requin pointes blanches qui sommeille sur le sable à une dizaine de mètres sous nos pieds.


Après ça, nous sommes contraints de rentrer, le vent a forci comme prévu et avec la houle, notre capitaine est obligé de bien s'éloigner de la côte pour éviter les récifs qui affleurent la surface de l'eau.

Sur le bateau, en plus d'Anne, nous sommes avec un couple sympathique qui a tenu un club de plongée en Polynésie pendant 4 ans. Installés sur la petite île de Huahiné, ils ont été contraints de revendre leur club en raison de la forte baisse de fréquentation touristique de ces 3 dernières années. Ils vivent donc à présent à Nouméa.

Le lendemain matin, nous décidons de louer une voiture pour aller explorer l'île qui est assez grande. En attendant que la dame de location arrive, nous discutons avec Benoît dont l'un de ses fils est étudiant en cuisine à Grenoble. Son autre fils, étudiant en anthropologie et spécialiste de la culture Kanak a prévu de partir faire ses études à Paris l'année prochaine. On lui parle donc des difficultés de la vie à Paris, notamment l'éternelle course folle contre la montre et, à ce moment-là, il nous sort une très belle phrase : "Vous, vous avez l'heure, nous, nous avons le temps...". Ça fait réfléchir, non ?


Nous partons ensuite tout au nord, aux falaises de Jonkin dont Benoît nous a venté la beauté.

Sur la route, nous sommes derrière une camionnette dont la benne est remplie de jeunes qui nous font des signes pour nous indiquer la route. Ils ont deviné où nous allons, à croire que peu de touristes s'engagent sur cette route pour aller autre part et cela nous amuse beaucoup.


Arrivés sur place, un monsieur nous propose de visiter et prendre des photos de sa jolie case. Et puis nous descendons finalement les marches qui aboutissent aux falaises.


La vue est imprenable !

Celles-ci plongent dans des eaux d'un bleu turquoise intense parsemées de patates de corail qui grouillent de vie.


Encore une fois, nous nous faisons une bonne séance de snorkeling. 



Notre terrasse pour le déjeuner est vraiment pas mal, n'est-ce pas ?


Après cela, nous décidons de rester au nord et d'aller explorer la grotte du diable, autre attraction touristique de l'île.

Nous suivons les panneaux qui nous conduisent dans un jardin. Situé sur un terrain privé, c'est le propriétaire qui vous fait visiter les grottes, moyennant une petite contribution financière. Elise lui cède la place de co-pilote et nous nous lançons dans les 2 kilomètres de piste restante. Puis nous passons dans les jardins de la famille et empruntons finalement un petit chemin qui débouche sur des marches escarpées. Notre guide nous abandonne là et nous explique comment accéder aux 3 salles différentes. Dès le haut des marches, nous voyons la première salle, une grotte immense dont le toit est percé, laissant ainsi entrer un puits de lumière important et dont le sol est couvert de végétation.



Un petit chemin monte ensuite à la deuxième salle. Là, il faut faire un tout petit peu de varappe pour descendre, mais les trous dans la roche pour mettre ses pieds sont assez réguliers et il y a une corde pour pouvoir s'accrocher. On entend les cris des roussettes, chauve-souris locales dont les kanaks raffolent et cuisinent grillées ou en ragoût (nous n'avons pas eu l'occasion de goûter, donc on ne saurait vous dire si c'est bon ou en tout cas à notre goût).


Après la grotte, nous redescendons plus au centre de l'île pour visiter la grande chefferie de Hnathalo. Nous visitons l'immense case du chef du district.


Puis nous mettons le cap au sud-ouest, direction la magnifique plage de Peng aux eaux cristallines et au sable blanc très fin. Elise en profite pour collecter quelques jolis coquillages.


La plage est déserte à l'exception d'une famille.


Par contre, au bout de la route qui mène à la plage, des locaux se retrouvent autour d'une bière et pour jouer à la pétanque.


Le lendemain, nous repartons plonger pour deux immersions cette fois. Les sites sont toujours aussi beaux et nous nous émerveillons encore.



Par contre, nous mettons beaucoup de temps pour rentrer car le moteur a un petit souci et se bride automatiquement. Pas grave, nous profitons du panorama.

L'après-midi est donc déjà bien entamé quand nous prenons la route en direction du sud-est cette fois. Pour nos deux derniers jours sur l'île, nous avons décider de rester un peu au sud, histoire de découvrir une nouvelle facette de l'île. Et nous ne sommes pas du tout déçus de notre choix. Le camping est basé également dans une très belle cocoteraie complétée par d'autres essences variées, les installations sont vraiment chouettes (faré fermé pour manger, cuisine équipée...) et nous avons vue directe sur la plage de Luengoni, même depuis la tente.




La plage est splendide et rivalise de beauté avec celle de Peng.


Le lendemain, nous partons visiter "la grotte des joyaux de Luengoni" avec Noël, Chef coutumier de Luengoni, c'est-à-dire l'autorité locale pour les kanaks. C'est lui qui est chargé de gérer les conflits, de faire respecter la coutume, de donner son autorisation pour accéder à tel ou tel site...


Ces grottes servaient de refuge à la famille de Noël, notamment ses grands-pères et arrières-grands-pères lors des conflits et affrontements avec d'autres tribus.

Aujourd'hui, c'est son havre de paix à lui où il se réfugie dès qu'il cherche de la tranquillité ou un peu d'air frais.


Il y a tout d'abord une cavité extérieure un peu en hauteur dont on aperçoit les énormes stalactites.


La suite de la visite se poursuit sous terre avec un boyau qui arrive sur une piscine naturelle dont le plafond est couvert de stalactites. L'eau est cristalline et l'on peut voir à travers la surface les stalagmites. Nous sommes seulement éclairés à la lampe et l'ambiance est assez extra-ordinaire.


Un boyau descend encore beaucoup plus bas, mais comme il est rempli d'eau et qu'il n'y a aucune poche d'air, cette partie est uniquement accessible en plongée bouteilles (dommage que nous n'ayons pas le matériel avec nous car cela donne fortement envie de descendre).


Après cela, nous continuons tout au sud. Nous prenons un kanak en stop, on lui demande où il va : "Je vais au bout du monde" nous dit-il. "Nous aussi, monte" lui répond-on. Échange un peu surréaliste ;-) 

C'est "au bout du monde" car après la fin de cette route, il n'y a plus aucune tribu. 

Au bout du monde, il y a de très jolies falaises qui donne sur l'océan d'un bleu profond. Il y a également quelques piscines naturelles en contre-bas où les poissons se font prendre au piège à marée basse. C'est tentant encore une fois, mais la marche est très haute.




L'après-midi nous nous offrons un peu de repos avant d'aller explorer le caillou situé à quelques dizaines de mètres de la plage. 



Le coin est réputé pour les tortues, que nous cherchons désespérément avant d'en trouver une avec laquelle nous resterons un petit moment. A part ça, il n'y a pas énormément de choses à voir sous l'eau, contrairement à Easo.



Le lendemain matin c'est déjà l'heure de repartir vers Nouméa.



De retour au petit aéroport de Magenta, nous nous mettons en route pour le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou. Dans la baie de Tina, ce leader indépendantiste Kanak a ressemblé en 1975 et pour la première fois des Mélanésiens venant de toute la Calédonie lors du festival "Melanesia 2 000".


C'est sur ce même site qu'a été construit le centre, réalisé par Renzo Piano, l'un des architectes du Centre Pompidou de Paris. Il est constitué de dix grandes cases traditionnelles stylisées en bois, verre et fer. L'ensemble est plutôt réussi et une climatisation naturelle efficace aère agréablement les salles.


Nous commençons notre visite par le chemin Kanak qui retrace le mythe du premier homme à travers cinq étapes : les origines, la terre nourricière, les ancêtres, les esprits, la renaissance. Le sentier est très agréable et de nombreux panneaux expliquent les rôles des végétaux de Calédonie, autant symboliquement que pour la médecine.



Nous rentrons ensuite à l'intérieur des bâtiments. Il y a à la fois des expositions permanentes et temporaires mais également une médiathèque. Ce qui y est présenté nous semble assez inégal. Il y a finalement peu d'oeuvres artistiques de Calédonie (une des salles était en rénovation). En revanche, nous avons beaucoup aimé une belle exposition avec des aquarelles représentant des visages et une autre sur la coutume et l'organisation très complexe de la société Kanak.


Nous y apprenons notamment que lors d'un mariage, la mariée quitte sa tribu pour celle de son mari. Ces alliances sont très importantes pour garder les liens entre clans et ne peuvent que se faire entre clans ayant déjà eu des alliances.



De l'autre côté du centre, à l'extérieur, trois cases traditionnelles sont exposées.


Cette visite nous laisse un petit peu sur notre faim car nous nous attendions à voir d'avantage de sculptures ou peintures de Calédonie. 

Comme prévu, Carole vient nous chercher en fin d'après-midi. Ça fait plaisir de les retrouver avec Ronald, son fils.

Comme d'habitude, nous sommes super bien accueillis. :-) Carole nous propose à nouveau de faire une machine puis de nous emmener sur la fameuse place des Cocotiers, où a lieu une foire ayant pour thème le Vanuatu.

Danse traditionnelle de Vanuatu

De retour chez elle, elle nous prépare un super colombo de poulet qui est un vrai régal. Pour faire plaisir à Sylvain, elle nous a même acheté du fromage, sachant qu'il y a de fortes chances pour que nous n'en trouvions pas de si tôt après cela.

Carole nous a réservé la chambre d'amis et c'est vrai que c'est super agréable de retrouver un vrai lit.

Elle nous propose également d'appeler nos parents, car nous n'avons pas eu internet depuis un moment et cela fait très plaisir de les entendre et d'avoir de leurs nouvelles.

Nous passons encore une très bonne soirée tous ensemble et le temps file très vite.


Le lendemain matin, Carole nous a réservé un déjeuner gargantuesque avec croissant, pains, confitures, yaourts... en prévision de notre long trajet vers Sydney, puis Hong-Kong.

Nous sommes vraiment reçus comme des princes et on se sent super bien chez elle. Ça fait du bien aussi de retrouver la chaleur et le confort d'un foyer.

Toujours aussi adorable, Carole nous propose de nous emmener à l'aéroport, qui est tout de même situé à 40 km de Nouméa. Elle a vraiment le coeur sur la main.

Et puis c'est déjà le temps des au-revoir, de nouvelles belles rencontres nous attendent.


- Carole, si tu lis ces lignes, nous souhaitons à nouveau t'adresser un énorme MERCI ! :-) -